Je crée, tu crées, il crée, nous créons...

Il y avait un lieu nouveau.
Il y avait une compagnie ; une troupe d’une vingtaine de comédiens et collaborateurs artistiques qui s’étaient réunis quelques années auparavant afin de renouer avec un théâtre populaire dans un travail d’équipe : Théâtre en liberté.

Ce lieu nouveau, prestigieux situé en plein centre de Bruxelles, il fallait le doter d’un nom : le Théâtre de la Place des Martyrs. Il fallait le faire vivre avec un projet artistique cohérent autour duquel se rassemble le public le plus large possible.

Au départ donc, il y avait un lieu, à ne pas garder égoïstement pour un seul projet, à partager de façon à en faire un lieu ouvert, un lieu d’échange, de rencontres…

D’autre part, il s’agissait de faire vivre ce lieu avec des projets différents et complémentaires, se respectant les uns les autres.

Et malgré tout de lui donner une identité propre.

C’est ainsi qu’est né le compagnonnage au Théâtre de la Place des Martyrs.

www.biloxi48.be

La Servante

La Servante

www.laservante.be

Les compagnies :
Théâtre en Liberté

 

"Maître Puntilla et son valet Matti" de Bertold Brecht

 
"Les Caprices de Marianne" d'Alfred de Musset
 
"La Cuisine" d'Arnold Wesker
 
"Antoine et Cléopâtre" de Wililiam Shakespeare
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

de toujours et de maintenant

La particularité de Théâtre en Liberté ? Quelques prémisses qui animent Daniel Scahaise depuis plus d’un quart de siècle qu’il fait du théâtre, et qu’il est arrivé à concrétiser de façon cohérente depuis qu’il a fédéré autour de lui une équipe d’artistes qui partagent ses vues, une sorte de phalanstère qui doit sa cohérence à l’élan partagé et à quelques idéaux communs.

Une vision du théâtre d’abord, perçu dans sa noblesse et son exigence : il est avant tout le lieu où de grandes fables sont jouées par des artistes vivants devant des spectateurs vivants, en ce sens qu’ils ne sont pas considérés comme des consommateurs ou des admirateurs mais comme des partenaires. Le répertoire comporte quelques grands textes, dont on ne préservera la force que pour autant qu’ils soient régulièrement joués, ce qui n’est guère le cas aujourd’hui. Eschyle, Shakespeare, Tchekhov, Claudel, Wedekind, Brecht forment le patrimoine dans lequel le Théâtre en Liberté puise avec un naturel confondant, ce qui rend ces grandes œuvres proches des spectateurs auxquels elles sont offertes dans leur pertinence chaque fois renouvelée.

Cela suppose un langage scénique qui soit à la fois clair et résolument actuel. Ici, pas d’interprétation abusive, qui se veuille outrageusement sollicitée. Le désir, en revanche, que rien de ce que le texte est en mesure de nous dire ne demeure occulté. Ce qui donne aux spectacles Théâtre en Liberté leur fraîcheur, leur dynamique évidente, qui est cependant le fruit d’une mûre réflexion, mais qui ne s’exhibe pas.

Si, de spectacle en spectacle, cette puissance s’impose sans cesse davantage, c’est qu’elle anime une équipe soudée réunissant bon nombre de fidèles compagnons, qui sont partie prenante dans toutes les opérations de conception, de réalisation, de promotion des spectacles. C’est cela une troupe : avant tout un esprit né d’un accord fondamental sur les ambitions premières. Cette solidarité dans la vision, résultat d’une concertation permanente, se sent durant la représentation, elle lui confère son unité, elle gage d’un style qui, au théâtre, il faut du moins le souhaiter, naît de l’accord de tous ses artisans ; c’est le cas du Théâtre en Liberté

Dans le paysage théâtrale belge, dont on sait la richesse et la diversité, il y a lieu de se réjouir qu’une telle entreprise commune existe, parce qu’elle plonge ses racines dans une tradition prestigieuse, dont elle démontre contre vents et marée qu’elle n’a pas fait son temps. Et qu’elle est même peut-être plus nécessaire que jamais.

Jacques De Decker

Depuis quinze ans, cette troupe d’une quinzaine de comédiens et collaborateurs artistiques s'est réunie afin de renouer avec un théâtre populaire dans un travail de compagnie. L'enthousiasme et l'imagination sont les mots autour desquels notre équipe s'est réunie. Oui, nous croyons qu'il est encore possible de rassembler un public de plus en plus large autour d'un projet théâtral et d'un répertoire de haute culture. Trop souvent, le plaisir du théâtre ne s'est - il pas éloigné de nos scènes ? Tous nous voudrions monter des spectacles non pas confinés dans un respect sclérosant, mais où le souci de la tradition s'enrichirait des précieux apports de la modernité théâtrale et, donnant toujours au théâtre cette place privilégiée qui est la sienne, ouvrir les portes de l'imaginaire, de la poésie, du rêve … Après avoir erré dans différents lieux « Christophe Colomb » ; « Meurtre dans la cathédrale », « Arturo Ui » et durant deux saisons fait revivre le Théâtre du Vaudeville, après avoir monté "Les Trois Mousquetaires" sous chapiteau, la troupe à déposé ses bagages au Théâtre de la Place des Martyrs dont elle est une des chevilles ouvrières.

La Compagnie Biloxi 48

Travailler ensemble, solidaires et différents.

Le compagnonnage au sein du Théâtre de la Place des Martyrs entre trois compagnies théâtrales bien différentes les unes des autres est une expérience passionnante : rencontrer des univers singuliers, partager des idées, découvrir d’autres esthétiques. Un de nos principaux objectifs est bien sûr de conserver chacun nos spécificités, et nos discussions nous y encouragent : Aiguisons nos désirs de proposer un art théâtral personnel et particulier !

Pour ma part, je trouve extrêmement précieuse cette liberté de pouvoir travailler sur la matière théâtrale que je désire. Rien n’est plus fort que cela parce qu’enfin, je peux réfléchir à mes projets théâtraux pendant un an, deux ans ou plus avec la quasi certitude de les mettre en scène quand je le souhaite, quand les idées sont arrivées à maturité.

Ce compagnonnage a également permis une évolution dans mon travail de metteuse en scène. L’occasion unique proposée par Daniel Scahaise de vivre quotidiennement dans un théâtre m’a fait passer de la recherche sur les utopies à la recherche sur la notion de « l’ici et maintenant ». Vivre enfin dans l’utopie réalisée du compagnonnage permet d’avancer vers d’autres désirs.

« La tranquillité absolue est l’instant présent.
Bien qu’il soit maintenant, il n’a pas de limite, et en cela est la joie éternelle. »
Houeï-Neng, le sixième patriarche Zen.

Cette notion d’ « ici et maintenant » détermine mes choix pour les acteurs, pour les textes. Je lis beaucoup d’écrits d’auteurs contemporains. J’essaie d’y découvrir des accointances avec ce que je vis, avec ma façon d’envisager les relations humaines, avec une poésie qui me touche… D’heureux hasards permettent que je découvre régulièrement des trésors parmi différents auteurs belges. Pourquoi ? Parce que le fait d’avoir rencontré au moins une fois ou deux un auteur me permet beaucoup mieux de saisir l’univers et les relations humaines qu’il propose. J’y suis donc plus sensible.

Le fait de vivre avec deux compagnies théâtrales qui pratiquent autrement permet d’affermir ses propres désirs en rendant heureux, je l’espère, un large public. Après sept années passées à travailler ardemment, comme des artisans, dans un même théâtre, nous continuons la route ensemble… Qu’elle soit la plus sereine possible pour chacun !

Christine Delmotte,
metteuse en scène de la Compagnie Biloxi 48

De 1987, date de la création de la Compagnie Biloxi 48, à l’an 2009, vingt-deux années d’expériences théâtrales à Bruxelles, en Wallonie et en France ont eu lieu : mise en scène, mise en espace, adaptation, écriture, ateliers, enseignement, débat…

…“ Aventure de Catherine Crachat” de Pierre Jean Jouve, “Kiki l’Indien” de Joël Jouanneau, “Nathan le Sage” de Lessing, adapté par Christine Delmotte, “Kou l’ahuri” de Jacques Duboin, adapté par Christine Delmotte, « Amélie Nothomb », logographe entre Amélie Nothomb et Christine Delmotte, “Soie” d’Alessandro Baricco, adapté par Christine Delmotte, “Ahmed le Subtil”d’Alain Badiou, “Aurore Boréale” de Paul Pourveur, “L’Auberge Espagnole” d’Alain Berenboom, « Bureau National des Allogènes » de Stanislas Cotton, « Antigone » d’Henry Bauchau, adapté par Christine Delmotte et Michel Bernard, « Le Sourire de Sagamore » de Stanislas Cotton, « Décontamination » de Paul Pourveur, « La Paix » d’Aristophane, adapté par Christine Delmotte, "La Damnation de Freud" d'Isabelle Stengers, Tobie Nathan et Lucien Hounkpatin, "Le Silence des Mères" de Pietro Pizzuti, "Ahmed philosophe" d'Alain Badiou, "Les Fourberies de Scapin" de Molière, "Sur les traces de Siddharta" de Thich Nhat Hanh adapté par Christine Delmotte et Paul Emond, "L'eau du Loup" de Pietro Pizzuti, "Biographie de la Faim" d'Amélie Nothomb, adapté par Christine Delmotte, "Nathan le sage" de Gotthold Ephraïm Lessing- Adaptation de Gaston Compère, "Kif Kif" de Pietro Pizzuti, "Milarepa" d'Eric-Emmanuel Schmitt, "Cinq filles couleur pêche" d'Alan Ball...

La Servante

Solidarité. Ouvrier. Métier.

 

 

LA SERVANTE

D’après le dictionnaire de la  langue du théâtre, la servante «  est une lampe, généralement placée au milieu du plateau ou en avant de la scène, utilisée au moment des répétitions ou quand le spectacle est fini. De faible intensité, sa qualité réside dans la mobilité ;  il s’agit plutôt d’une veilleuse qui ne manque pas, de par son nom, d’être associée à l’idée de service rendu, de domestique fidèle et dévouée. Elle rassure dans le noir et manifeste de manière tangible que les dieux tutélaires du théâtre veillent. »

Créée à la suite de mon départ forcé de Louvain-la-Neuve voici cinq années, LA SERVANTE, - qui n’est pas une compagnie, encore moins une « jeune compagnie », mais seulement une structure de production -, avait pour objectif essentiel d’accompagner mon travail artistique par la recherche de moyens budgétaires et logistiques destinés à la mise sur pied de nouveaux projets.

Elle a, jusqu’à ce jour produit deux spectacles, Des couteaux dans les poules et Récit de la servante Zerline, avec l’aide de différents partenaires professionnels, mais sans jamais obtenir de moyens budgétaires récurrents de la part des autorités de tutelle.

L’invitation, que lui font aujourd’hui Daniel Scahaise et le Théâtre de la Place des Martyrs, comble aujourd’hui cette lacune, et lui offre enfin quelques garanties de pérennisation de son activité.

Aux côtés de Théâtre en Liberté et de Biloxi 48, La Servante, durant un laps de cinq saisons, se propose essentiellement d’aborder l’exploration d’un répertoire de «  l’intimité », qu’il soit classique ou contemporain, et rejoint le compagnonnage si généreusement offert, en débutant avec Bérénice de Jean Racine.

 

Philippe SIREUIL,

31.03.2008