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Photos : Pauline Miko |
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« Je ne sais pas si je suis tragique ou optimiste. J’essaie d’être réaliste ». Joyce Carol Oates, grande romancière américaine, nous révèle avec un humour cinglant et une impudeur débridée les misères ordinaires de ces femmes américaines dans la désolation, la solitude humaine ou exprimant leur rage d’exister. Dix portraits de femmes d’aujourd’hui pour un théâtre d’émotions à vif. Joyce Carol Oates est née en 1938 à Millersport, une région boisée du lac Erié. Elle passe une enfance solitaire, face à une sœur autiste et un père souvent absent. C'est au début des années soixante, lorsqu'elle s'installe à Détroit, qu'elle prend conscience de la violence des conflits sociaux et raciaux qui prendront une place importante dans son œuvre. Tensions sociales, pouvoir, féminité et sexualité sont autant de thèmes que l'auteur aborde et développe avec pessimisme et lucidité dans une soixantaine de romans, recueils de nouvelles, essais et pièces de théâtre dans lesquels elle dépeint un visage sans concession de l' Amérique des années 60' -70'. Son livre Blonde, paru en 2000 et publié dans le monde entier, lui a valu les éloges unanimes de la critique internationale. Au-delà de l'exploration d'un mythe américain, c'est la question de l'identité que l'écrivain cherche à percer dans ce roman, elle qui entrevoit dans l'icône d'Hollywood le portrait en filigrane de sa propre mère décédée très tôt. Avant Blonde, des titres comme La légende de Bloodsmoor, Eux, Confessions d'un gang de filles ou encore Corky marquent le début de sa célébrité. Par ailleurs, Joyce s'adonne aussi à l'écriture de plusieurs romans policiers qu'elle signera de son pseudonyme : Rosamond Smith. Professeur à l'université de Princeton, auteur d'essais sur l'art de l'écriture, lauréate du National Book Award en 1969 et deux fois finaliste du prix Nobel, Joyce Carol Oates s'impose définitivement comme une grande dame de la littérature américaine contemporaine. « Sans l'élan du roman qui la guide (ou la domine), ma vie est une affaire simple, nette... une série d'événements... si facile à gérer », écrit Joyce Carol Oates dans son journal en février 1978. La parenthèse change tout ; écrire n'est pas un choix, mais un impératif pour celle qui depuis 40 ans imprime sa trace dans le paysage littéraire américain, au rythme de récits, de poèmes et d'essais.Petite, Joyce Carol Oates a été marquée par Alice de Lewis Carroll, qu'elle cite invariablement comme référence : « Mon inclination pour l'irrévérencieux et l'absurde a été soit inspirée par Carroll, soit confirmée par lui ». Le décalage amuse entre une dame au corps frêle qui boit du thé toute la journée, et les personnages dont elle accouche. Chez elle, le tragique s'incarne tour à tour dans la banalité et dans l'extraordinaire des destinées. A l'évidence, l'écrivain ne tire pas son inspiration de ses expériences ; elle reconnaît que les personnages lui viennent mystérieusement, grandissent en elle jusqu'à ce qu'elle les laisse se développer sur le papier. L'imagination au pouvoir. ?Préférer la course à pied aux manifestations politiques - qui ne manquent pas, dans les Etats-Unis des années 70 et 80 - n'empêche pas Joyce Carol Oates de parler de son pays en long et en large dans ses livres, à tel point qu'elle est considérée comme l'une des grandes plumes de l'Amérique contemporaine. Joyce Carol Oates est une analyste très fine des problématiques sociales américaines. |
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