Rhinocéros - Eugène Ionesco - Cie Biloxi 48
GRANDE SALLE

 

Crédit Photos :

Du 12 janvier au 06 février 2016

mardi à 19h - du mercredi au samedi à 20h15 - Samedi 30.01 à 19h - Dimanches 24 & 31.01 à 16h

Avec Isabelle DE BEIR, Christophe DESTEXHE, Aurélie FRENNET, Gauthier JANSEN, Julia LE FAOU,

Camille PISTONE, Pietro PIZZUTI, Fabrice RODRIGUEZ et Laurent TISSEYRE

Mise en scène et scénographie de Christine DELMOTTE

Eclairages et direction technique Nathalie BORLEE
 

 

« Rhinocéros »  a  l’esprit  d’innovation, de  provocation  des  premières   pièces d’Ionesco.   Elle  mélange  les  genres  et  les  tons,  le  comique   et  le  tragique. Bérenger   découvre   la  complaisance  de  son  entourage   face  à  une  étrange

épidémie   qui  transforme  les  hommes   en  rhinocéros.  Une  pièce  contre   les hystéries collectives  et  les  épidémies   qui  se  cachent  sous  le  couvert   de  la raison et des idées. « J’ai pensé avoir tout simplement à montrer  l’inanité de ces terribles systèmes,  ce à quoi  ils mènent,  comme  ils s’enflamment les gens, les abrutissent, puis les réduisent en esclavage. » Une comédie  qui nous parle des tentations contemporaines pour les diverses  formes de fanatisme.

Pour rire en méditant  ! 

Ionesco  retrace l’anecdote qui a servi de genèse à « Rhinocéros » dans Notes et contre-notes(1966) :

  

En 1933 l’écrivain Denis de Rougemont se trouvait en Allemagne à Nuremberg au moment d’une manifestation  nazie.  Il  nous  raconte  qu’il  se  trouvait  au  milieu  d’une  foule  compacte  attendant l’arrivée d’Hitler. Les gens donnaient des signes d’impatience lorsqu’on vit apparaître, tout au bout d’une avenue et tout petit dans le lointain, le Führer et sa suite. De loin, le narrateur vit la foule quiétait  prise  progressivement  d’une  sorte  d’hystérie,  acclamant  frénétiquement  l’homme  sinistre.L’hystérie se répandait, avançait, avec Hitler, comme une marée. Le narrateur était d’abord étonné par ce délire. Mais lorsque le Führer arriva tout près et que les gens, à ses côtés, furent contaminés par l’hystérie générale, Denis de Rougemont sentit, en lui-même, cette rage qui tentait de l’envahir, ce délire qui « l’électrisait ». Il était tout prêt à succomber à cette magie, lorsque quelque chose monta des profondeurs de son être et résista à l’orage collectif. (…) Là est peut-être le point de départ de Rhinocéros ; Il est impossible, sans doute, lorsqu’on est assailli par des arguments, des doctrines, des slogans « intellectuels », des propagandes de toutes sortes, de donner sur place une explication de ce refus. La pensée discursive viendra, mais vraisemblablement plus tard, pour appuyer ce refus, cette résistance naturelle, intérieure, cette réponse d’une âme.

Bérenger est peut-être celui qui, comme Denis de Rougemont, est allergique aux mouvements des foules et aux marches, militaires ou autres. Rhinocéros est sans doute une pièce antinazie, mais elle est aussi surtout une pièce contre les hystéries collectives et les épidémies qui se cachent sous le couvert de la raison et des idées, mais qui n’en sont pas moins des graves maladies collectives dont les  idéologies  ne  sont  que  les  alibis.  (…)  Des  partisans  endoctrinés,  de  plusieurs  bords,  ont

évidemment reproché à l’auteur d’avoir pris un parti anti-intellectualiste et d’avoir choisi comme héros principal un être plutôt simple. Mais j’ai considéré que je n’avais pas à présenter un système idéologique passionnel, pour l’opposer aux autres systèmes idéologiques et passionnels courants. J’ai pensé avoir tout simplement à montrer l’inanité de ces terribles systèmes, ce à quoi ils mènent, comme ils enflamment les gens, les abrutissent, puis les réduisent en esclavage.

La cafétéria est ouverte une heure avant et après le spectacle.

Vous pouvez vous y restaurer à des prix démocratiques et y rencontrer les équipes artistiques.

Petite astuce, vous pouvez réserver votre table en même temps que vos places !

   

retour au programme