| LE SABOTAGE AMOUREUX - Amélie Nothomb - Cie Biloxi 48 | GRANDE SALLE |
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Ed. Albin Michel |
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Crédit Photos :Lara Bongaerts & Nathalie Borlée |
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"Une extraordinaire giclée de vitriol dans nos trop sages jardins à la française." Pascal Bruckner, Le Nouvel Observateur Fille de diplomate belge, Amélie Nothomb est née au Japon où elle passe sa petite enfance. Elle connaît ensuite Pékin et New York, puis le Laos et le Bangladesh et ne découvre son pays d’origine, la Belgique, qu’à 17 ans. Elle y entreprend alors des études de philologie ancienne, mais elle se sent étrangère dans ce pays et retourne au Japon pour y travailler et se fiancer à un Japonais. Son expérience de salariée – d’interprète à « dame-pipi » - dans une multinationale est l’objet de Stupeurs et Tremblements (1999), son huitième roman depuis Hygiène de l’assassin (1992) qui la rendit célèbre à 25 ans. Depuis, elle publie un livre par an et en écrit bien davantage : « J’écris contre la mort, parce que l’idée de la mort de ceux que j’aime m’est insupportable. » La matière de ses livres est prélevée dans sa vie, mais si « les faits relatés sont vrais, [...] ça ne signifie pas pour autant que ce n’est pas un roman ». Par ailleurs, il peut lui arriver de se déguiser en [son] contraire : un vieux bonhomme obèse, très célèbre et mourant », pour dire tout ce qu’elle pense. Le déguisement est plus léger dans Le Sabotage amoureux : « je n’ai même pas changé le nom des personnages » mais « c’est d’abord une écriture, donc un roman ». Un roman dont les héros sont des enfants de tous les pays âgés de 6 à 12 ans, livrés à eux-mêmes dans le monde clos du « ghetto » diplomatique. Comme tous les enfants du monde, ils jouent à la guerre, avec entrain et férocité. Du groupe d’enfants, quelques figures émergent : plus particulièrement celle de « l’éclaireur », la benjamine du groupe, la plus heureuse de tous tant qu’elle se croit centre de l’univers. Mais l’univers bascule lorsque paraît sur le champ de bataille la très belle et très cruelle Elena… A l’amour comme à la guerre, on se déclare, on s’affronte, on contre-attaque, on fait la trêve, et c’est la débâcle : le « sabotage » ! Comme dans un film de cape et d’épée, les deux intrigues (guerre et amour) s’entremêlent et progressent ensemble. Comme dans tout film d’action, les pauses narratives sont l’occasion d’un élargissement du regard sur le décor de l’action : la Chine (« épouvantable ») de la Bande des Quatre (1972-1975). Pas la Chine éternelle des estampes, la Chine communiste des « dazibaos » et des ventilateurs. Dans ce récit drôlatique et alerte, l’écriture révèle tout autant qu’elle les cache les blessures de l’écrivain comblé : « Handicapée par une enfance trop heureuse, je suis abonnée à la nostalgie».
Aucun journal, aucune agence de presse, aucune historiographie n’a jamais mentionné la guerre mondiale du ghetto de San Li Tun, qui dura de 1972 à 1975. C’est à la faveur de cette barbarie que j’ai compris une vérité immense : grâce à l’ennemi, ce sinistre accident qu’est la vie devient une épopée. La mienne serait grandiose : les généraux de l’armée des Alliés m’avaient nommée éclaireur. Sans l’arrivée d’Elena, je serais restée invulnérable jusqu’au bout. Je l’ai aimée dès la première seconde. Elle fut ma belle Hélène, ma guerre de Troie, mon sabotage amoureux. J’ai tout vécu pendant ces trois années : l’héroïsme, la gloire, la traîtrise, l’amour, l’indifférence, la souffrance, l’humiliation. C’était en Chine, j’avais 7 ans.
Un conte de sorcières comme il y a des contes de fées. Verve, grossièreté, provocation, drôlerie, mots tranchants et formules paradoxales : Amélie Nothomb écrit au couteau. Avec une pureté rageuse et une innocence perverse. Renaud Matignon, Le Figaro. |
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